Une solution en carton

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Manon le Padellec et Céline Taillard ont à leur actif un joli palmarès, puisqu’elles totalisent à elles deux pas moins de dix-sept déménagements en moins de cinq ans.

A chaque fois qu’elles changent de lieu de vie, le processus est long et pénible, entre le fait de vider son appartement et de réaménager un nouvel espace. Céline s’étonne : elle qui adore chiner ses vêtements sur des sites comme Vide Dressing ou Vinted s’agace que la revente ou le rachat de meuble de seconde main soit si fastidieux… Comme aucune des solutions existantes sur le marché ne correspond à leurs besoins, les deux amies décident après trois ans en com et en pub de monter une market place pour rendre l’achat et la vente de meubles d’occas’ plus ludique et fluide.

Céline Taillard, co-fondatrice de la startup Les Cartons, la première plateforme collaborative de vide-appartement en ligne, nous explique comment elle a monté une market place sur un marché qui semblait pourtant déjà bien occupé…

Comment vous êtes-vous lancées dans la création de votre market place?

Nous avons commencé par étudier de près les solutions existantes, leurs forces et faiblesses. Nous sommes toutefois très vite passées à la pratique en créant un dizaine de groupes Facebook pour tester le concept à moindre coût. Avec ces groupes, l’idée était de d’expérimenter la manière dont les consommateurs interagissaient entre eux et d’analyser la quantité et la forme des annonces pour essayer de définir lesquelles fonctionnaient le mieux et pourquoi…C’était pour nous un véritable laboratoire! Nous avons finalement lancé la première version de notre site il y a environ un an et demi, un minimum viable product qui n’a cessé d’évoluer depuis. Le service était à la base gratuit, il est maintenant payant afin de limiter les mauvaises prises de contact. A ce jour, le pilier de notre business model, c’est de prendre une com’ sur les ventes.

Au début, les gens qui vendaient sur notre plateforme étaient des personnes qui étaient en train de déménager et souhaitaient vider leur logement. Maintenant, ce sont tous ceux dont le couple ou la famille se reconfigurent et qui ont besoin de réadapter leur mobilier…Ou tout simplement ceux qui souhaitent un changement de décor!

En bref, on procède par itération, rien de révolutionnaire, mais cela est efficace! Sur notre marché, le gros défi c’est de faire se rencontrer l’offre et la demande. Notre mission, c’est d’accompagner le vendeur dans toutes les étapes de vente, avec par exemple des photos en plan large et des étiquettes de prix sur tous les visuels, afin de leur faire gagner le plus de temps possible!

Dans quelle mesure êtes-vous sensibles à l’économie circulaire?

Fortement! Nous avons monté notre plateforme dans une optique de lutte contre la gaspillage, pour donner aux meubles une deuxième vie. Il faut penser que les meubles génèrent des millions de déchets, bien souvent en décharge sauvage, et prendre conscience de notre impact environnemental quant à notre consommation de meubles et électroménagers. Chaque année, un Français jette en moyenne 26 kilos de meubles…Ces meubles, dont la majorité peuvent encore servir, sont la plupart du temps incinérés. Et on sait comme le traitement des déchets par incinération est polluant! Et outre, certains biens comme les matelas sont souvent traités par enfouissement.

J’adhère aussi grandement à la vision de Marie Kondo quant à l’adoption d’un style de vie plus minimaliste, j’ai même converti mon associé! Je suis convaincue que le surplus d’objet et de mobilier représente une forte charge mentale, et qu’on est plus serein entouré de choses essentielles, utiles et bien agencées. Faire du tri chez soi, c’est libérateur!

Ou en êtes-vous aujourd’hui, et comment se dessine la suite?

Nous avons commencé à étoffer notre équipe, nous sommes maintenant une demi dizaine, incluant un développeur web et une chargée de clientèle. Notre ambition est bien sur de croître : nous avons commencé à Toulouse, où nous vivons toutes les deux, avant de nous développer dans des villes attractives comme Paris ou Bordeaux, où le turn over en appartement est très élevé.