Si 10 000 startups changeaient le monde…

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Le Prix « Jeune Entrepreneur » (La Tribune et BNP Paribas), se refait une beauté sous l’intitulé accrocheur « 10 000 startups pour changer le monde ». Pour distinguer les dizaines (et non milliers) de startups françaises en compétition, c’est au grand public de voter ! L’occasion pour nous de revenir sur quelques uns des projets qui ont retenu notre attention (sans vouloir vous influencer bien sûr)…

Pendant plusieurs mois, une multitude d’entrepreneurs français toutes catégories s’affrontent lors de concours régionaux, avec l’objectif de remporter la grande finale nationale. Après Marseille, Lyon, Strasbourg, Lille et Nantes, le prix a fait étape à Paris la semaine dernière. En réunissant les « meilleurs candidats de chaque région », le prix espère distinguer les entrepreneurs qui feront le monde de demain. Le principe : couronner une startup dans chacune des six catégories « Environnement & Énergie », « Industrie 4.0 »,  « Deep tech & Data », « Smart tech », « Santé » et « Start ». Jusqu’au 8 mars, c’est au public de voter : les startups les plus populaires seront conviées au grand oral du 11 mars à Paris, avant la dernière sélection et la cérémonie de remise des prix le 25 mars. Tour d’horizon avec trois jeunes pousses prometteuses venues des quatre coins de la France…

Eclairer et connecter

Pour la région Occitanie, la startup DizzitUp, le « free de l’énergie solaire » a séduit le jury dans la catégorie « start ». Le CEO, Solofo Rafeno est malgache et s’attaque à un problème qu’il connaît bien : celui de la précarité énergétique, un fléau encore très présent en Afrique sub-saharienne. La startup veut alors offrir de l’énergie renouvelable à ceux qui ne sont pas connectés ou qui souffrent de pannes d’électricité fréquentes, à travers un système de « box » solaires. Outre l’accès à l’électricité, elles sont conçues pour fournir une connexion internet et sont le support de services numériques. Une ambition joliment résumée par l’expression de la jeune pousse : « Des jours et des nuits éclairés pour un milliard de personnes ». Car au delà de son aspect philanthropique, l’entreprise est bien décidée à devenir un agent facilitateur de l’économie des pays africains. Pour ce faire, elle ne s’adresse pas seulement aux particuliers mais aussi aux entreprises qui souhaitent profiter d’un réseau internet local, fiable, et sécurisé. DizzitUp espère ainsi participer à faire avancer l’Afrique vers l’économie de la connaissance — pendant de l’économie numérique, afin qu’elle en récolte les fruits au même titre que les pays occidentaux.

Diagnostiquer et dépolluer

A Lyon, c’est dans la catégorie « environnement et énergie » que la startup de Ludovic Vincent et Patricia Gifu s’est démarquée. L’élément déclencheur de cette aventure entrepreneuriale : l’histoire d’un agriculteur contraint d’abandonner sa parcelle à cause de sa teneur en cuivre. Forts de l’idée que « la terre respire la vie », la startup s’attaque à ce problème encore mal traité de la pollution de nos terres agricoles. Biomede propose alors un diagnostic des sols agricoles par rayon X, pour capter la présence de métaux lourds. Une fois le problème détecté, ce qui doit être le cas de 30% des sols agricoles en Europe, la startup propose une solution de dépollution par des plantes spécifiques. En terme technique, Biomede pratique la « phytoextraction naturelle du cuivre »… Et ce n’est pas tout ! Ces métaux d’intérêt prélevés des sols sont ensuite réutilisés dans une optique d’économie circulaire.

Suivre et alerter

En Nouvelle-Aquitaine la startup girondine Satelia a remporté les faveurs du jury dans la catégorie « santé ». Son fondateur, Nicolas Pages, lui-même médecin anesthésiste et réanimateur, constatait au quotidien la difficulté de suivi de ses patients atteints d’insuffisance cardiaque. Il décide en 2017 d’y remédier et développe une solution de télémonitoring automatisée pour les patients nécessitant un suivi cardiaque régulier. En diagnostiquant au plus vite les signes cliniques précurseurs d’une crise, sa solution entend prévenir l’urgence. Outre son aspect technique, Satelia propose également des contenus pédagogiques visant à éduquer les patients sur leur état, l’insuffisance cardiaque. De quoi économiser le temps du personnel médical et celui des patients, tout en construisant un suivi plus efficace et plus fiable. Le dispositif, co-développé au CHU de Bordeaux, est entièrement remboursé par la sécurité sociale. Et enfin, le plus surprenant : « c’est un système qui ne nécessite ni objet connecté, ni application spécifique pour les patients » selon les mots de son fondateur. On est loin du gadget pour amoureux du footing…

Convaincus ? Oui, non ? Alors à vos votes, prêts, partez !