Aude Blanc-Brude, ou éloge de la co-construction

Crédit 2BO&CO

Cette passionnée d’informatique tombée petite dans la marmite réalise en école d’ingénieur qu’elle souhaitera en faire son métier. Dans le cadre de travaux pratiques scolaires, elle décide d’offrir à sa mère galeriste un site Internet d’où il sera possible de visiter virtuellement sa galerie parisienne. Mettre la techno au service d’un projet, s’essayer à la réalisation d’un produit sur-mesure, l’idée lui plaît…

Dès la sortie d’école, Aude se lance en free-lance pour réaliser sites ou applis métiers. Épaulée par deux associés qui quittent entre-temps l’aventure, Aude monte sa boite : 2BO&CO qui réalise audit et conseil en SaaS pour des clients issus de tous secteurs en s’appuyant sur une petite troupe de free-lance. Aujourd’hui seule à la tête de la startup, avec en plus trois petits garçons sous le bras, Aude a créé son propre framework, Mibbo, âgé de presque quinze ans, pour répondre de manière plus pertinente aux besoins des clients.

Aude Blanc-Brude, cofondatrice et CEO de 2BO&CO, explique pourquoi la co-construction est à ses yeux la clé du succès dans le conseil.

Pourquoi la création de ce framework?

Notre point de départ, c’était la création de site : nous en réalisions énormément, et nous souhaitions être plus rapides dans notre développement. Par ailleurs, nous mettions également sur pieds de nombreuses applications métiers. Les clients étaient à la recherche d’un outil simple, leur permettant à la fois de piloter des modules internes à leur fonction, des outils dédiés au site internet, ou de se connecter avec des API…

Quelle est la principale difficulté à laquelle vous faites face lorsque vous créez des produits pour vos clients ?

Avant, je ne faisais pas d’atelier de co-construction ! Les problèmes, c’étaient alors que les échanges avec les clients n’étaient pas aussi aboutis que ceux que nous initions actuellement. Aujourd’hui, on se pose avec le client, et on le « bouscule » gentiment quant aux objectifs qu’il nous présente. L’idée, ce n’est pas de lui faire plaisir, mais de lui être utile ! Souvent les clients nous contactent avec une liste de demande, et nous les examinons soigneusement pour remettre les choses à leur place et parfois leur faire comprendre parfois que certaines de leurs requêtes ne sont pas des vrais besoins. Zapper l’atelier de co-construction au début du processus de collaboration, c’est prendre le risque de ne pas expliciter assez la manière dont améliorer le produit. Ne pas brainstormer avec le client, c’est prendre le risque de proposer des recommandations à côté de la plaque !

Bien sur nous réalisons un benchmark en amont et nous dépoussiérons le terrain avant de rencontrer le client, mais nous attendons beaucoup de nos échanges avec ce dernier. Souvent, c’est lui qui accouche du truc… Globalement, ce processus assure l’adhésion du client et la réussite du projet ! Dans le cas échéant, le chemin peut s’avérer semé d’embuches… Ne pas avoir toutes les hypothèses au départ, cela met le projet en danger. Avant que nous mettions la co-construction en place, j’ai par exemple le souvenir d’un gros client qui préparait sans que nous soyons au courant une refonte de son identité, ce qui a rendu partiellement caduque l’application que nous proposions. Il est donc très important de comprendre les enjeux de nos clients, au-delà des requêtes techniques, au risque de taper à côté, ou d’enchainer les aller-retours sans fin…

Comment est perçue la démarche par les clients?

Ils ont parfois du mal à comprendre pourquoi nous prenons autant de temps au début, mais ils sont très vite séduits par la fluidité de processus qui en découle. Il faut en revanche toujours bien expliquer la méthodo ! La démarche permet de tellement bien délimiter le périmètre de notre intervention que les retours finaux que nous recevons de la part de la direction sont souvent très minimes. Mais tout ça, j’ai mis aussi un peu de temps à le comprendre aussi… (Rires)