Thibault Chassage, Virtuo : « L’équipe produit est cruciale »

Crédit : Virtuo

Lancé en mai 2016, Virtuo, pionnier de la location de voiture 100% mobile, est venu secouer un secteur resté jusqu’alors imperméable à la grande vague de la digitalisation. Seulement deux ans après son lancement, la startup, qui rassemble une flotte d’un millier de véhicules, totalise déjà plus de 150 000 utilisateurs ayant roulé plus de 20 millions de kilomètres. L’objectif de Virtuo : s’attaquer à deux marchés, celui des voyageurs, (tout particulièrement ceux résidant dans des grandes villes et ayant des besoins seulement ponctuels en termes de déplacement), et celui des professionnels.

Thibault Chassagne, cofondateur de Virtuo, nous raconte comment lui et son associé ont réussi à consolider leur application.

Comment a été lancée Virtuo et pourquoi ?

L’idée provient d’un constat simple, que nous partagions avec Karim Kaddoura, mon associé, en tant qu’utilisateur : le parcours classique de la location de voiture est très compliqué, toujours soumis aux mêmes frictions… Faire la queue au comptoir d’une agence, resoumettre ses papiers d’identité, signer un contrat en trois exemplaires… Nous avons donc souhaité insuffler de la fluidité dans le processus grâce aux technologies mobiles et bluetooth low energy, procédé que l’on utilise souvent en domotique, et auquel nous faisons appel pour l’ouverture et fermeture des portes de nos véhicules.

En simplifiant le parcours, nous désirions débloquer les usages et stimuler un marché déjà grandissant. En effet, les villes se dé-motorisent de plus en plus suite à deux phénomènes : tout d’abord, la pression des mairies qui entendent se débarrasser de la congestion en ville, et ensuite, le nouveau rapport que les gens entretiennent avec la voiture, qu’ils préfèrent utiliser à la demande pour partir en week-ends.

Quel a été le processus de création de Virtuo ?

Nous avons tout internalisé, depuis notre équipe produit, qui réfléchit en permanence à la manière d’améliorer notre service, à notre équipe tech, composée d’une dizaine de développeurs. Chez nous, le rôle de l’équipe produit est crucial, car cette dernière étudie de près les retours client et analyse leurs datas. Cette dimension digital native est un atout évident par rapport à des acteurs plus traditionnels, qui bénéficient moins cet ADN produit… Nous nous sommes lancés sur le marché très rapidement, avec le minimum viable product, après seulement quatre mois de développement. Notre but était de tester notre modèle au plus vite et de pouvoir bénéficier en béta des feedbacks des clients. Je pense que fondamentalement, ce qui est important, c’est l’organisation : avoir des équipes technos qui produisent en interne, et un schéma itératif où l’on se remet constamment en cause et où l’on fait de l’incrémental pour améliorer le produit.

Quelle a été la plus grosse difficulté que vous avez eu à surmonter ?

Ah… C’est une bonne question ! Avec le recul, je dirais que c’est ce qu’on fait au départ, c’est-à-dire ce qui est le plus sympa et le plus excitant, mais qui représente aussi le plus gros défi. En fait, la V1, c’est une forme de legacy, car mine de rien, cela ancre énormément de choses… Les choix d’interface habituent les clients à se comporter d’une certaine manière, c’est hyper structurant ! Même si l’on se veut agile et innovant, les débuts figent certains aspects du service. Du coup, il faut bien gérer au commencement du processus l’équilibre entre l’envie de sortir un produit impeccable, sans une réelle connaissance client, et la pression que l’on ressent vis-à-vis de ses investisseurs. C’est une période assez frustrante, qu’il faut savoir judicieusement manœuvrer…