Vers le Zero UI : bienvenue dans un monde meilleur

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Flâner sur AlloCiné pour regarder des bandes annonces, se plaindre de sa facture SFR (un exemple choisi au hasard) à un chatbot baptisé Simone, interroger Alexa sur le temps qu’il fera demain, consulter ses mails sur le minuscule écran de sa montre connectée, ou encore découvrir le monde à travers un casque de réalité virtuelle… Autant de gestes quotidien ou presque permettant de donner des ordres à des machines omniprésentes.

Qu’elles soient graphiques, conversationnelles, intelligentes ou connectées, ces interfaces utilisateurs (IU) ont envahi nos vies, pour le pire (72 notifications WhatsApp en moins d’une matinée) comme pour le meilleur (ici, insérer un exemple de ce que vous considérez être le nec plus ultra de l’apport de la technologie).

Le problème avec l’interface….

Continuellement, de nouveaux intermédiaires se superposent entre nous et notre environnement immédiat, comme en témoigne la récente version du frigo connecté de Samsung, dont l’écran permet de minutieusement monitorer ses stocks de nourriture. Malgré la multiplication frénétique des IU, peu d’entre nous ont cédé à l’appel d’une telle machine. En effet, la plupart de ces interfaces sont bien souvent maladroitement conçues, quand elles ne sont pas tout bonnement grotesques ou inutiles : au lieu de les faciliter, elles complexifient et dénaturent les interactions. C’est bien l’avis de l’américain Don Norman, auteur du célèbre ouvrage The Design of EveryDay Things. Le designer argumente : « The real problem with the interface is that it is an interface. Interfaces get in the way. I don’t want to focus my energies on an interface. I want to focus on the job… I don’t want to think of myself as using a computer, I want to think of myself as doing my job. »

A ses yeux et en deux mots, une bonne interface est une interface qui n’existe pas, ou gommée au maximum. La nouvelle tendance : faire disparaître les écrans étouffants au profit d’objets agrégeant différentes offres. Exemple : une carte bancaire qui se substitue à l’ensemble de vos multiples CB, mais qui permet aussi de prendre le métro, le tout avant de se faire finalement supplanter par un wallet… Et à la maison, c’est Google Home (une enceinte couplée d’un assistant vocal) qui court-circuite Netflix pour lancer la dernière saison de Peaky Blinders, éteint la lumière quand nous quittons une pièce, enclenche la playlist If Santa was a DJ sur Spotify, et nous aide à compléter notre liste de course.

…c’est l’interface 

La promesse de dispositifs comme Google Home ou Alexa, c’est l’interopérabilité, soit la synergie fluide entre plusieurs produits ou systèmes, libérée des IU classiques (le web…) perçues comme trop contraignantes grâce à un processus d’APIfication. L’objectif : répondre de manière plus pertinente et plus simple aux besoins des utilisateurs.

Comme l’explique le designer Andy Goodman, qui forge en 2015 l’expression « Zero UI », la pratique ne se limitera pas aux devices des particuliers… Elle sera déployée à grande échelle au-delà des foyers au niveau des villes et des écosystèmes. Dans ce contexte, nos systèmes seront régis par nos mouvements, nos voix, ou même nos esprits. Ici, ce sont des gestes naturels qui déclenchent de manière organique les réponses appropriées au sein de notre environnement, comme si l’utilisateur communiquait avec une autre personne.

Aux yeux d’Andy Goodman, le phénomène est hautement désirable, dans la mesure où il favorise les interactions sociales. Libérés de l’interférences des écrans, nous revoilà capable de concentrer notre attention sur la personne assise en face de nous plutôt que sur de vagues connaissances à l’autre bout du continent…