Margaux Thierrée, Ulule : « Accompagner la création entrepreneuriale, culturelle et solidaire »

Credit : Ulule

Il n’y rien à redire, le crowdfunding a le vent en poupe !

Selon l’étude éditée récemment par KPMG, les promoteurs de projets y ont recours de manière exponentielle. L’année 2018 a d’ailleurs connu une augmentation de 59% des volumes collectés par les acteurs de la finance alternative…

Pour assurer le succès de ces demandes de financements participatifs, Ulule, leader sur le marché européen, forme des « accompagnateurs de projets » experts en soft skills…

Trois questions à Margaux Thierrée, Directrice du pôle Projets chez Ulule.

Quelles sont les compétences requises pour être un bon gestionnaire de projet ?

Sa mission principale consiste à coacher le porteur de projet, mais non à produire à sa place. Tout d’abord un très bon relationnel ! On est en contact avec des centaines de porteurs de projet chaque semaine, et les aider à mener à bien leur campagne nécessite beaucoup d’écoute, d’empathie, de pédagogie, de diplomatie et de patience… Il est évidemment vital d’être à l’aise avec les interactions humaines… Il faut aussi être curieux, car le panel de nos projets s’inscrit dans différents secteurs, de la tech au sport, en passant par l’édition et le social. La grande diversité des sujets couverts fait que nous nous devons de développer une vision à 360° de tout ce se passe actuellement dans la création entrepreneuriale, culturelle et solidaire. Pas de hard skills particuliers donc, mais beaucoup de bons sens ! Pour assurer la visibilité des campagnes, les accompagnateurs de projet travaillent main dans la main avec notre Traffic Manager et notre équipe édito, qui mène un travail de curation pour mettre en avant les campagnes dans nos newsletters et réseaux sociaux.

Comment Ulule tire-t-il son épingle du jeu par rapport à ses concurrents ?

Nous avons réussi depuis environ un an et demi à prendre pas mal d’avance par rapport à notre concurrent historique, KissKissBankBank, arrivé en même que nous sur le marché français. Par rapport à eux, nous avons par exemple deux fois plus de projets en ligne et deux fois plus de trafic sur notre plateforme.

Nos vrais challengers, cela va être des anglophones comme Kickstarter, ou des entités plus internationales comme Indiegogo ou encore GoFundMe, dans la mesure où nous accélérons beaucoup en ce moment pour nous positionner au-delà de nos frontières. Ce qui fait la différence avec nos concurrents français je pense, c’est ce sur quoi nous misons depuis le début : l’accompagnement. Le rôle des accompagnateurs du projet est prépondérant chez nous. Nous avons chez Ulule mis beaucoup de temps avant d’investir du temps et de l’argent dans la communication, car nous avons préféré parier sur les accompagnateurs projets, de vrais piliers chez nous, pour satisfaire nos clients grâce à leurs recommandations et leurs propositions de réajustement de campagnes. Ce sont des consultants, en somme ! C’est leur expertise qui nous permet de nous définir non pas comme un simple outil de financement, mais comme un service. Cela se répercute sur les taux de succès des campagnes : 35% chez Kickstarter, et plus de 65% chez nous.

Ulule en quelques chiffres ?

La plateforme a été lancée en 2010. Depuis, nous comptons plus de 25 000 projets financés avec succès et un peu plus de 2 200 000 membres inscrits sur notre site, qu’ils soient porteurs de projets ou contributeurs. Nous gagnons en moyenne 1500 inscrits chaque jour, et nous tournons à plus de mille collectes en cours quotidiennement. Notre équipe rassemble une cinquantaine de personnes, dont trente à Paris au siège, et 10 à Montréal, et le reste en Espagne…