TWIICE : un exosquelette pour faire marcher les paraplégiques

Credit : TWIICE

C’est la rencontre de cinq amis chercheurs, âgés de 26 à 28 ans, qui a permis la naissance du projet TWIICE : un exosquelette à destination des paraplégiques pour leur permettre de pouvoir (re)marcher. Au sein de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, la petite équipe planche avec fougue depuis 2015 sur l’élaboration de son prototype, avec en arrière fond la volonté d’utiliser ses capacités à bon escient pour réduire les inégalités physiques.

Aujourd’hui fonctionnelle, la seconde version du prototype n’attend plus qu’une chose : être diffusé à grande échelle pour permettre à toutes les personnes souffrant de difficultés motrices, suite à un handicap ou pour des raisons liées à l’âge, de pouvoir être mieux intégrées à notre société.

Un patchwork d’expertises

Pour en arriver là, le chemin a été long, nécessitant l’intrication de différentes expertises de pointe.

La première est celle d’une bio ingénieur, dont la mission consiste à appréhender le mieux possible l’imbrication du corps humain et de la tech. Son travail est complété par celui d’un ingénieur en robotique et d’un ingénieur en mécanique, dont l’objectif est de créer chez la machine les mouvements les plus précis et adéquats, afin que l’exosquelette suive le plus fidèlement possible les gestes de l’utilisateur. Pour cela, TWIICE a mis au point tout l’électronique embarqué pilotant les algorithmes de contrôle tournant en temps réel pour diriger son exosquelette.

Ces trois collaborateurs œuvrent main dans la main avec un ingénieur spécialisé en design industriel, aux compétences plus transverses. Son rôle est central puisqu’il permet de connecter les impondérables de la technique avec les besoins humains, notamment en termes d’apparence et d’ergonomie. Son job : s’assurer que tout est à la fois fonctionnel mais aussi visuellement acceptable, afin de ne pas stigmatiser les utilisateurs. Tristan Vouga, l’ingénieur micro-technique de la bande, souligne : « Son rôle n’est pas juste de nous permettre de viser quelque chose de beau, c’est de viser quelque chose de beau et de faisable, de trouver la bonne combinaison. » Pour finir, un dernier champ d’expertise a été requis pour peaufiner le prototype, celui des matériaux. Car pour arriver à un exosquelette « léger et confortable », le choix des matériaux est crucial, ce qui a amené l’équipe de TWIICE à se tourner vers les fibres de carbone.

Tristan commente avec modestie : « D’un point de vue technicotechnique, la réalisation du produit était dans nos cordes, grâce à nos bagages divers et complémentaires. » Le jeune homme poursuit : « Notre plus gros défi, c’était l’impossibilité de modéliser les facteurs humains. Notre produit génère automatiquement une grande intimité entre l’homme et la machine, et pour qu’elle soit bien vécue, il est vital d’être très à l’écoute des besoins des utilisateurs, qui ont de nombreuses attentes et espèrent beaucoup de ce type de produit. Nous recevons tous les jours des dizaines de demandes de personnes souhaitant essayer notre exosquelette. C’est une grande responsabilité, et nous ne voulons pas les décevoir. »

Se déployer à grande échelle

Si l’ADN de l’équipe est avant tout académique, TWIICE se définit néanmoins comme une startup early stage, portée par un fort sentiment d’urgence. « Le but de notre recherche est opérationnel avant d’être fondamental. La recherche traditionnelle ciblerait principalement l’accumulation de connaissances. Or, nous sommes plus préoccupés par l’utilisateur et désirons surtout par conséquent rendre le produit accessible aux plus grand nombre et à moindre coût. Nous voulons fournir des solutions, et les fournir vite », explique Tristan.

L’étape suivante, c’est évidemment la distribution. « Et les financements, donc », sourit l’ingénieur. A ce jour, l’équipe TWIICE réfléchit à la meilleure manière d’amener son produit sur ce marché particulier, à mi-chemin entre la tech et le médical, ciblant une population relativement restreinte. Afin de résoudre ce problème, la startup entend miser sur la modularité de son produit afin de multiplier les cas d’application et atteindre plus de gens.

Le tout sans mettre la performance de côté. Petit rappel : en 2017 à Düsseldorf lors du Cybathlon, la deuxième édition de la course internationale des exosquelettes, TWIICE a coiffé au poteau ReWalk, le leader mondial du marché…