Rejoindre l’Antarctique avec Solar Voyager, un véhicule électrique imprimé en 3D

Credit : Clean2Antartica

Avis à toutes les personnes friandes de voyages (lents) et ayant des scrupules à prendre l’avion…

Après la trottinette électrique et l’avion solaire de Solar Impulse, un nouveau véhicule résolument eco-friendly vient de faire son apparition sur la surface du globe. Conçu aux Pays-Bas par l’association néerlandaise Clean2Antartica, Solar Voyager combine avec brio différentes technologies vertes, des panneaux solaires à l’impression 3D à base de plastique recyclé…

Cap sur l’impression 3D  

Pour rappeler, comme le disait Alexandre Le Grand, que rien n’est impossible à ceux qui prennent des risques, l’aventureuse équipe de Clean2Antartica a lancé une expédition, départ prévu à la fin du mois. Cap sur l’Antarctique à bord du Solar Voyager, un véhicule électrique composé de pièces imprimées en 3D à partir de plastique recyclé. Cerise sur le gâteau, la machine limitera son empreinte carbone au maximum en étant entièrement alimentée en énergie solaire…

Fondée par Edwin et Liesbeth ter Velde, l’association Clean2Antartica entend développer l’économie circulaire et stimuler la mise en place d’alternatives durables au mode de vie des sociétés occidentales. Leur cheval de bataille, c’est le zéro déchet. Cette conviction fortement ancrée chez les deux néerlandais a amené le couple à se tourner vers les technologies d’impression 3D, censées sur le principe être plus vertes que les techniques de production classiques.

Moins énergivore, l’impression 3D est aussi plus économe en termes de matière première. Cette différence s’explique par le fait que la méthode utilisée lors de l’impression 3D est « additive », tandis que celle déployée en usine est « soustractive ». Dans le deuxième cas, l’usinage commence par le travail d’un bloc de matériau brut, élagué jusqu’à obtention de la pièce. Dans le premier cas, la forme souhaitée s’obtient grâce à la superposition de différentes couches à base de filaments plastiques, de poudres métalliques, ou encore de résine, limitant donc l’usage de matière premières au strict nécessaire.

Pour son véhicule, l’association a opté pour une fabrication à base de filaments de plastiques recyclés obtenus à partir de déchets locaux, limitant ainsi le gaspillage, les échanges physiques requis et l’utilisation de transports…

Le couple explique : « Il ne s’agit pas de technologie à proprement parler, mais de faire des expériences et de découvrir ce qui est possible de faire avec les déchets. Pour atteindre une société circulaire, nous devons commencer à faire les choses différemment. Notre expédition est un exemple de ce que vous pouvez réaliser quand vous commencez simplement à faire les choses différemment au lieu de parler de solutions abstraites. »

Solar Voyager, plus cool qu’une Twingo !

Long de 16 mètres, Solar Voyager pèse près de 1500 kilos.

Afin de permettre à l’équipe de réaliser en trente jours l’aller-retour (soit 2400 kilomètres à parcourir) depuis leur camp de base à Union Glacier jusqu’au Pôle Sud, le véhicule contiendra suffisamment de vivres pour tenir une cinquantaine de jours. Cinquante jours, oui, car la vitesse du véhicule sera d’environ 8 kilomètres heure…Il ne faut donc pas être trop pressé, et tant mieux, cela laisse du temps pour regarder le paysage!

Pour assurer son déplacement, le Solar Voyager s’appuie sur une dizaine de panneaux solaires d’une superficie de 1,7 mètres carrés pour 25 kilos chacun. Afin de conserver une température agréable à l’intérieur de la cabine, des interfaces infrarouges y ont été posées pour mieux absorber les rayons du soleil. Et pour parfaire ses équipements si justement pensés, le véhicule inclura des tubes solaires à vide pour fondre la neige et la transformer en eau potable…

Et pourquoi l’Antarctique au fait ? Car le continent, qui comprend 90% de la glace mondiale, n’appartient à personne, et ne produit donc aucun déchet… Edwin et Liesbeth ter Velde comptent sur le fait que cela ne changera pas. Avec leur expédition, ils espèrent sensibiliser le grand public au traité sur l’Antarctique, qui devrait être réexaminé en 2048. Ratifié aux États-Unis à la fin des années 1950, le traité stipule que le continent blanc ne devra être employé qu’à des fins pacifiques et affranchi de tous enjeux internationaux.