Les robots seront les courtiers de demain

A l’heure où de plus en plus de compétences sont déléguées aux mains expertes de sympathiques robots, le métier de courtier ne fait pas figure d’exception…

Dans le domaine de l’assurance, le courtage s’articule aujourd’hui essentiellement autour du produit, et ce alors que personne d’à peu près normalement constitué ne désire s’encombrer de connaissances au sujet de bonus-malus, subrogation, et autre prime périodique… De la même manière que peu d’individus savent répondre au vendeur à la Fnac au sujet de la vitesse de processeur dont ils ont besoin, rares sont ceux ayant identifié de manière précise leur desiderata en termes d’assurance.

Pour régler ce problème, les robots entrent en scène.

Car personne n’a envie de consacrer du temps à ça…

« Aucun client n’a envie d’être expert en assurance, ce n’est pas le sujet le plus glamour qui soit… », concède Eric Mignot en riant.

L’entrepreneur tire et marque.

Après avoir dirigé une compagnie d’assurance durant cinq ans, contribué à lancer en France la banque en ligne avec Boursorama et travaillé plus de dix ans entre l’Argentine, le Brésil et le Mexique dans les nouvelles technologies, Eric a souhaité s’attaquer à un nouveau chantier : décharger les indépendants d’une corvée plutôt pénible, à savoir l’obtention de leur assurance pro. « Un indépendant désirant assurer l’ensemble de ses risques devra répondre à 300 questions et signer entre cinq et dix polices d’assurance pour couvrir aussi bien sa santé que sa voiture, avant de recevoir une foultitude de documents illisibles, sans bien comprendre quel acteur assure quoi et dans quelle mesure. »

Pour gommer l’ensemble de ces pain points, Eric a créé en 2015 la société +Simple, proposant une techno unique en Europe qui recentre l’industrie sur le client. Grâce à son courtier-robot, la startup permet l’accès à des offres spécialisées, débarrassées du jargon technique, et couvrant l’ensemble des besoins en fonction des clients. En effet, les risques encourus par les professionnels varient en fonction des métiers : chacun exige donc des analyses spécifiques, l’assemblage de clauses particulières et le montage de contrats sur-mesure.

Le tout alors que l’intermédiaire en charge de cette tâche ne gagnera pas d’argent sur ce type de contrats aux primes peu élevées. De manière un peu contre-intuitive, l’intervention des robots permettrait d’assainir la relation assureur-client, en recentrant cette dernière sur l’utilisateur. « Si jusqu’alors les indépendants étaient mal servis, ce n’est pas parce que les assureurs sont des idiots ! C’est parce que les modèles économiques n’étaient pas efficaces. Déléguer le service à des robots permet de résoudre ce problème », explique Eric.

…et les robots font très bien le job !

Une récente étude du forum économique de Davos a dévoilé que d’ici 2025, 52% de toutes les tâches actuellement réalisées sur le lieu de travail seront effectuées par des robots, contre « seulement » 29 % aujourd’hui. Alors que la distribution d’assurance paraissait relativement préservée de ce phénomène de robotisation, +Simple a rebattu les cartes du secteur grâce à une techno de pointe : son courtier-robot permet par exemple d’automatiser le profilage client en recueillant entre 150 et 600 variables lors de l’indication du nom de l’entreprise.

Pour développer son robot, +Simple a renforcé son équipe de développeurs et de data scientists. La startup a également conclu des partenariats technologiques avec des leaders du machine learning, à l’instar de l’américain DataRobot, afin d’accélérer ses développements de modèles prédictifs. Après une levée de fonds en janvier dernier de plus de dix millions d’euros, la startup entend poursuivre son déploiement à l’international et renforcer sa technologie pour séduire 10 000 entreprises d’ici décembre…

Et donner raison à l’étude Davos au passage.