Dans 20 ans, cet article sera peut-être écrit par un robot

Inspiré par ses études anatomiques illicites, Léonard de Vinci aurait développé au 16ème siècle le premier androïde ancêtre du robot, capable de coordonner les mouvements de ses bras, jambes et mâchoires. Un demi millénaire plus tard, l’usage des robots s’est généralisé dans l’industrie,  automobile notamment.

Mais depuis quelques années, les terrains de jeu des machines se sont multipliés. Non plus cantonnés aux usines, les robots se sont frayé un chemin jusqu’à nos maisons et nos ordinateurs. On connaît la chanson par cœur : 50% des métiers détruits par l’essor des machines d’ici 2050 en France. Flippant pour certains, excitant pour d’autres, les robots révolutionnent aujourd’hui le secteur des services. Vers un nouvel âge d’or ?

La rencontre du corps et de la tête

Pour Robin Rivaton, auteur de Relancer notre industrie par les robots : les enjeux, la révolution robotique que nous vivons actuellement se caractérise par la rencontre chez les robots de la tête et du corps.

« Actuellement, les robots se redressent et apprennent à marcher. Et ils le font en 50 ans alors qu’il nous a fallu près de 300 000 ans pour passer du stade de quadrupède à celui de bipède. » Ce rapide déploiement mécanique se conjugue avec celui de l’intelligence artificielle, dopé par la puissance de calcul ordinateurs et l’avènement du deep learning. Résultat : des robots de plus en plus agiles, adaptables à différents environnements. La preuve en image avec les derniers prototypes présentés récemment par Boston Dynamics : avec leurs mouvements fluides et la force de leur moteur, ces machines pourraient à terme être employées à des fins militaires, pour accompagner des personnes âgées à se relever de leur lit, ou pour opérer des livraisons à domicile. Lors d’une conférence organisée par TechCrunch, Marc Raibert, fondateur et CEO de Boston Dynamics, avait en effet expliqué vouloir creuser cette dernière question : « Au lieu d’utiliser des drones, on pourrait peut-être le faire avec de bons vieux robots ! » Toutefois, plusieurs obstacles demeurent à ce jour : leurs coûts élevés, le bruit émis, ou encore leur incapacité à soulever de trop lourdes charges…

Sauvés par notre hémisphère droit 

Pour l’entrepreneur essayiste Robin Rivaton, cette « robolution » bouleversa bien tous les secteurs, depuis les transports avec les voitures autonomes, jusqu’à la presse et l’industrie du fast-food, où nos burgers, frites et sodas seront peut-être bientôt préparés et servis par des androïdes. « Donc oui », concède Robin, « la moitié de nos emplois seront détruits d’ici 2050, mais est-ce grave ? On l’a déjà vécu, entre 1966 et 2000, la moitié des emplois en France ont disparus avec la tertiarisation, et on s’en est à peu près sortis. La vraie question c’est : pourra-on faire la même chose avec les robots ? » Pour lui, le phénomène risque de se reproduire : de nouveaux métiers émergeront car certaines compétences ne pourront être entièrement acquises par les machines. En première ligne, la créativité, qui permettra la conception, la maintenance et surtout l’élaboration des champs d’application des robots. L’écrivain évoque aussi la dextérité : malgré les progrès phénoménaux des machines termes de précisions, « derrière un robot médecin, il y a toujours un médecin. » Sans compter sur l’empathie, nécessaire dans le cadre d’échanges de services entre particuliers ou de la construction d’une relation commerciale saine et durable.

Jean Ponce, Directeur de recherche à l’Inria et du département d’informatique à l’ENS, rappelle par ailleurs qu’actuellement, les robots ne sont que très peu autonomes. « Pour obtenir un robot qui fonctionne bien, il faut que différents modules interagissent avec succès et on doit pouvoir y arriver. Mais une machine réellement intelligente, je ne vois pas d’indice que cela se produise à court terme », souligne le chercheur.