Shine lève 8 millions d’euros pour conforter sa position auprès des indépendants

Nicolas Reboud et Raphaël Simon, cofondateurs de la Fintech parisienne Shine, ont annoncé il y a quelques jours une levée de fonds de 8 millions d’euros en série A.

Grâce à cette augmentation de capital réalisée auprès de XAnge et Daphni, la fintech parisienne, qui recense déjà 25 collaborateurs, entend s’imposer en Europe comme l’application bancaire de référence des travailleurs indépendants, qu’ils soient micro-entrepreneurs, freelances ou encore en professions libérales.

Lancée officiellement il y a seulement quelques mois après un premier tour de table de 2,8 millions d’euros auprès des fonds d’investissements Daphni et Kima Ventures de Xavier Niel, la startup a déjà séduit près de 25 000 utilisateurs.

Raphaël Simon fait le point avec nous sur le parcours et les ambitions de Shine.

Pourquoi déjà une deuxième levée de fonds, seulement 6 mois après le lancement de Shine ?

Car nous souhaitons continuer à accompagner notre croissance, et surtout, à améliorer le produit. Pour cela, nous comptons ajouter des fonctionnalités plus avancées, notamment en ce qui concerne la comptabilité et la gestion, afin de répondre aux besoins spécifiques des indépendants : gérer la TVA ou classifier les justificatifs de dépenses selon les bonnes catégories… Il s’agit aussi d’améliorer l’intégration au logiciel comptable, afin de rendre l’utilisation de Shine plus fluide et ergonomique.

Nous souhaitons aussi financer notre expansion à deux autres pays européens, et ce dès l’année prochaine. Pour la suite, nous regardons aussi du côté des Etats-Unis, qui compte de nombreux travailleurs indépendants. Mais au-delà de la taille du marché, forcément très attractive à nos yeux, il s’agit de voir si notre solution est aussi pertinente là-bas qu’elle l’est chez nous !

XAnge et Daphni, pourquoi eux ?

Daphni est notre investisseur historique, et XAnge, qui a déjà financé entre autres des acteurs comme Lydia et Ledger, bénéficie d’une forte expertise en Fintech, qui ne peut que nous être bénéfique. Nous avons aussi été soutenus par deux business angles, Gilles Samoun et Ed Zimmerman. Au global, le processus a été très rapide : un mois seulement pour convaincre, deux semaines pour récolter les fonds… Cette belle levée nous permet de nous financer pour les deux-trois ans à venir, pour la suite, nous verrons au fur et à mesure… Il est difficile et dangereux de se projeter avec trop de certitudes.

En deux mots, pourquoi les banques traditionnelles sont-elles peu adaptées aux travailleurs indépendants ?

Les produits qui leur sont destinés sont les mêmes comptes professionnels que ceux réservés aux entreprises de 5 à 20 salariés… Ils sont donc trop chers, et n’ont pas de fonctionnalités dédiées. L’autre option pour eux est d’ouvrir un compte personnel classique, ce qui n’a aucun intérêt !

De notre côté, nous proposons bien évidement un compte en ligne, que l’on peut alimenter par virement et qui permet d’effectuer des transferts d’argent, avec Master Card dédiée. Notre gros plus est la mise en place d’un assistant administratif personnalisé, pour soulager la charge mentale des indépendants. Cela permet par exemple d’envoyer à l’utilisateur des rappels au moment de déclarer et payer ses factures, de les éditer plus facilement, et de les faire payer directement en ligne. Le service permet aussi de mieux gérer ses justificatifs de dépenses en exportant ses données vers son expert-comptable.

Plus de 10 millions levés en moins d’un an… Un conseil à partager aux entrepreneurs pour réussir leur levée ?

Ah, alors il n’y a pas de secrets ! Il faut avoir un bon produit, et être en mesure de prouver l’adhésion du public, de montrer que cela marche… Le tout en étant bien sur le plus structuré et rigoureux possible !