Devenir technicien-ninja de l’IA en 7 mois

Si vous avez le niveau en maths d’un élève de terminal ES, vous pourriez en sept mois devenir un véritable ninja de l’Intelligence Artificielle… Selon l’institut Gartner, l’IA devrait permettre la création de 2,3 millions d’emplois d’ici 2020. En effet, miser sur l’IA pour doper ses produits et services est devenu mainstream. Pourtant, bon nombre d’acteurs peinent à recruter des personnes compétentes dans ce domaine.

En réaction à cet étonnant constat, Microsoft a fondé en partenariat avec Simplon.co la première école dédiée à l’intelligence artificielle.

Lancée en mars dernier à Issy-les-Moulineaux sous la houlette de Louise Joly, l’Ecole IA Microsoft entend former les futurs « Développeurs data IA », un métier dont les contours flous restent encore à dessiner…

L’école des métiers IA de demain

Certes, les très prisés data scientists sont clés pour bien articuler la stratégie d’une entreprise, mais pour se déployer de manière efficace, le service IT a aussi besoin de se reposer sur des profils complémentaires : des techniciens de l’IA, qui maitrisent les outils de développement de la discipline, et permettraient sa démocratisation.

Pour intégrer cette école unique au monde et certifiée organisme de formation, pas de diplôme prérequis, mais l’exigence d’une bonne dose de motivation et de certaines bases mathématiques et informatiques : probabilités, fonctions dérivées, et la maitrise plus ou moins assurée d’au moins un langage de programmation, et pas forcément Python…

La promotion pilote, aujourd’hui sur les bancs de l’école, rassemble des étudiants âgés de 19 à 39 ans, dont 30% de filles, aux parcours très variés, entre infra bac et master de droit. Et dans la lignée de Simplon.co, l’école de code fondée par Frédéric Bardeau, seulement 24 élèves pour assurer une pédagogie basée sur l’autonomie et l’expérimentation.

« Si les élèves suivent un programme établi de concert par Microsoft et Simplon.co, ils ont aussi partiellement co-construit les contenus lorsqu’ils ont exprimé le besoin de s’informer sur les enjeux éthiques de leur futur métier », explique Louise Joly. La formation a donc été accompagnée d’un cycle de conférences lors duquel intervenaient des spécialistes de la discipline, à l’instar de Laurence Devillers, chercheuse au CNRS, ou Aurélie Jean, Scientifique Numéricienne, entrepreneuse, et marraine de cette première promotion.

L’Ecole IA Microsoft a également complété sa formation en mettant ses élèves face à différentes considérations philosophiques, notamment à travers l’expérimentation de cas pratiques. L’objectif : aider les apprenants à mieux cerner les failles actuelles de l’IA, comme les fameux biais algorithmiques, pouvant conduire parfois à certaines incohérences et dérives.

Changer le monde, une IA à la fois

Les élèves se verront aussi immergés dans l’écosystème de l’IA, en rencontrant des professionnels du secteur, pour affiner leur projet de carrière. Puisque la discipline, qui en est encore à ses balbutiements, fait toujours l’objet de recherches complexes, les aspirations des élèves intégrés sont souvent un peu floues. Mais « ils ont tous une ambition, et elle est souvent sociétale », se réjouit Louise Joly.

La Directrice de l’école cite le cas de cette jeune femme ayant commencé des études pour devenir institutrice. Une fois catapultée dans sa classe, cette dernière n’aurait pas supporté l’insuffisance des moyens mis à disposition des professeurs couplé aux différences très exacerbées de niveaux qu’elle observait chez ses élèves. La jeune femme, enseignante le jour, et codeuse la nuit, aurait donc choisi de booster ses compétences pour tenter de trouver une solution aux iniquités du système éducatif.

L’autre cheval de bataille des élèves de l’Ecole IA Microsoft : l’écologie. Certains élèves ont été amenés à travailler pour la startup Plast’if, qui a présenté sa démo lors de la dernière édition de Viva Tech, et qui vise à optimiser le recyclage du plastique en entreprise. La jeune pousse a mis au point le prototype d’une tour qui identifie et broie les déchets (bouteilles, bouchons, gobelets…) avant de les répartir dans les conteneurs correspondants. A partir de la refonte des paillettes de plastique broyées, l’imprimante 3D reliée à la tour propose la confection de l’objet de son choix. Les élèves de l’école ont été sollicités pour faire en sorte que la machine incorpore la reconnaissance d’objets, afin d’éviter les erreurs de tri.

Pour être prêt, Petit Scarabée

Cette collaboration entre la startup Plast’if et les élèves souligne la volonté du duo Microsoft-Simplon.co de créer des ponts entre l’école et les entreprises. De fait, l’école s’est lancée en partenariat avec plusieurs grandes entreprises partenaires, qui en au-delà de leur apport financier, absorberont les jeunes cerveaux fraîchement sortis des classes. Afin d’assurer l’employabilité des étudiants, les entreprises ont contribué à façonner certaines composantes du programme, afin de pouvoir bénéficier de ressources à leur image. De fait, l’école a pu adapter les référentiels aux problématiques des entreprises, et parfois même à leurs besoins et contraintes techniques.

Dès la rentrée prochaine, le modèle devrait être dupliqué 11 fois entre septembre et novembre.

Une montée en puissance qui vu le contexte n’est pas sans nous évoquer le magnifique coup de tête de Umtiti hier soir.